L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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mardi, 25 avril 2017 16:31

Michelangelo Antonioni, et après ?

Michelangelo Antonioni, et après ? La postérité de Michelangelo Antonioni dix ans après sa disparition 2007-2017

Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, laboratoire ESTCA (http://www.estca.univ-paris8.fr/) 21 et 22 septembre 2017

 

 "Un film avec un début mais peut-être sans fin. Je me suis souvent demandé s’il fallait toujours donner une fin aux histoires, qu’elles soient littéraires, théâtrales ou cinématographiques. Fermée sur elle-même une histoire risque de mourir si on ne donne pas une autre dimension, si on ne laisse pas son temps propre se prolonger dans le temps extérieur, là où nous sommes, nous les protagonistes de toutes les histoires. Où rien n’a de fin." Michelangelo Antonioni À l'occasion des dix ans de la mort de Michelangelo Antonioni (le 30 juillet 2017), ce colloque se propose d'interroger la postérité du cinéaste. Une décennie après sa disparition et treize ans après son dernier film (Le Périlleux Enchaînement des choses), comment Antonioni est-il encore présent dans la création artistique et dans la réflexion critique, théorique et universitaire aujourd'hui ? Avec la mort de son auteur, cette œuvre globale que l’on estime aujourd’hui « complète », « close », devient un objet fini, manipulable à l’envi sans « risque » qu’un nouveau projet ne vienne bousculer le choix de compréhension et d’appréhension opéré. La clôture de l’œuvre relance le grand jeu du classement, de l’interprétation et de la justification de la notion d’auteur. Comment l’œuvre résiste-t-elle à une fixité imposée par la mort de ce cinéaste du frémissement, de la métamorphose, des glissements et des lignes de fuite ? Le souhait d'Antonioni de réaliser des films « avec un début mais peut-être sans fin » peut-il s'appliquer à sa propre œuvre complète à laquelle sa mort apporte, en apparence, une fin ? Des bribes de réponses émergent sans doute des nombreux artistes contemporains qui revendiquent le travail de Michelangelo Antonioni comme source d’inspiration parfois particulièrement directe (distorted eclisse ǀ model for a video sculpture [after m. antonioni], Peter Welz, installation, 2011 ; Postscript/Profession reporter, Pierre Bismuth, 1996) ou plus implicite (l’œuvre photographique de Lewis Baltz, par exemple), prolongeant alors l’œuvre au-delà de son auteur mais surtout en dehors de l’art cinématographique. Cette réappropriation libre des films comme objets malléables questionne la construction de ce que l’on nomme – faute peut-être de terme plus spécifique – la postérité de Michelangelo Antonioni. Qui dessine la postérité d'un artiste ? Que retenir d'une œuvre et d'un artiste (premier distinguo) pour déceler dans d’autres œuvres cette postérité ? L'auteur doit-il se revendiquer de cet artiste ? L’œuvre d'Antonioni, ses propositions esthétiques et théoriques sont-elles, comme le note Jacques Aumont, un passage nécessaire, un apprentissage de l’œil du spectateur et du théoricien d'aujourd'hui qui peuvent alors « voir Hou Hsiao-hsien, ou même Tsai Ming-liang » ? Comment les œuvres récentes, cinématographiques ou non, permettent-elles à leur tour de renouveler le regard posé sur la création de Michelangelo Antonioni ? La reprise – en termes restant à définir – de l’œuvre d’Antonioni lui permet-elle de conserver le souffle, la vibration, l’incertitude qui étaient intrinsèquement les siennes du vivant de son auteur ? Ce colloque souhaite opérer un décalage sur cette œuvre trop souvent figée dans une analyse univoque et consensuelle en invitant par exemple des regards nouveaux (théoriciens du cinéma ou des autres arts, mais aussi historiens, écrivains, artistes…) à se poser sur un matériau peu exploité d’une œuvre pourtant très analysée : scènes laissées de côté, écrits (critiques et nouvelles), tableaux. À l’encontre peut-être de thèses telles que l’incommunicabilité répétées machinalement depuis les années soixante, ne faut-il pas proposer d’autres moyens d’entrer dans l’œuvre, d’autres thèmes ? Qu’en est-il de la violence que Raymond Bellour soupçonne dans les films du cinéaste ? Où se cache l’érotisme explicite des derniers films dans les premières œuvres ? L’esthétisme léché de certaines images devenues représentatives de l’œuvre n’est-il pas mis à mal par une forme de vulgarité criarde de certains plans d’Identification d’une femme ? Quel rapport Antonioni, trop rapidement étiqueté « cinéaste de la bourgeoisie », entretient-il avec la culture populaire ?

Modalités de soumission: Les propositions de communications, rédigées en français ou en anglais, prennent la forme d’un résumé (300 mots maximum) accompagné d’une rapide notice bio-bibliographique de l’auteur. Elles sont à envoyer à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. jusqu’au 31 mai 2017.

Comité de sélection des propositions: Dork Zabunyan, professeur en études cinématographiques, directeur du laboratoire ESTCA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Nicolas Droin, maître de conférences en études cinématographiques, laboratoire ESTCA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Véronique Buyer, docteure en études cinématographiques, laboratoire ESTCA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Damien Angelloz-Nicoud, doctorant en études cinématographiques, laboratoire ESTCA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. 

Lu 294 fois Dernière modification le mercredi, 26 avril 2017 13:53