L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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vendredi, 10 mars 2017 15:20

Voyager dans les États autoritaires et totalitaires de l’Europe de l’entre-deux-guerres

 Voyager dans les États autoritaires et totalitaires de l’Europe de l’entre-deux-guerres.

Confrontations aux régimes, perceptions et comparaisons.

Colloque international  Université Savoie Mont Blanc – Université de Paris-Sorbonne,

21 avril 2017

Maison de la Recherche - Salle D323

28 rue Serpente 75006 Paris

(programme et affiche disponibles ici: http://cmmc-nice.fr/evenements/voyager-dans-les-etats-autoritaires-et-totalitaires/ )

 

Présentation

 Depuis des travaux pionniers sur les voyages français en Union soviétique de 1917 à 1939, les déplacements dans les régimes totalitaires ont fait l’objet de nouvelles recherches, aussi bien concernant l’U.R.S.S., que l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Pourtant, ces études n’ont jamais été réellement croisées et cette mise en regard, indispensable, est un des objectifs premiers de ce colloque.

Sans se limiter aux voyages militants, du reste très inégaux en fonction des pays, ni aux déplacements des intellectuels, trop restrictifs face à la diversité des profils de voyageurs et à leurs motivations à se déplacer, ces journées ont pour ambition d’analyser pour la première fois, dans une perspective comparative, les voyages étrangers dans les États autoritaires et totalitaires de l’Europe de l’entre-deux-guerres en se focalisant sur la perception et la compréhension des différents régimes, de leurs aspects novateurs et de leurs pratiques politiques. L’objectif n’est pas d’accumuler des exemples inéluctablement singuliers en fonction des pays mais au contraire de mettre en évidence, à partir de l’analyse des comptes rendus des contemporains publiés sous la forme de récits de voyage ou d’articles de presse, les analogies, les convergences et les divergences entre les différents régimes. Plusieurs voyageurs sont connus pendant la période pour avoir, à différents moments, visité plusieurs dictatures (pour les Français, citons Henri Béraud, les frères Tharaud, André Germain, Roland Dorgelès ou encore Louis Bertrand), si bien que leurs observations, en fonction de leurs parcours et de leurs objectifs, sont particulièrement instructives. Dans la mesure où la comparaison semble nécessaire et stimulante dans les cas de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie, comment comprennent-ils la nouveauté que représentent ces régimes ? Quel rapprochement font-ils avec l’U.R.S.S. ? Distinguent-ils les régimes totalitaires des autres régimes autoritaires comme la Hongrie d’Horthy, l’Espagne du général Primo de Rivera, le Portugal de Salazar ou l’Autriche de Dollfuss ? Comment cette distinction – si distinction il y a – s’opère-t-elle ? Quelle est la perception de la place du chef dans ces régimes ? Du rôle dévolu au parti unique ? De l’utilisation de la violence ? De l’état de l’opinion ?

Ce colloque a vocation à baliser le voyage comme objet d’histoire central dans la perception des modèles politiques en concurrence durant l’entre-deux guerres. Par la confrontation physique aux dictatures, les voyageurs ont fourni une nouvelle grille d’analyse concernant leur interprétation jusque-là cantonnée à la lecture traditionnelle de la diplomatie officielle. Le prisme comparatif permet ici d’offrir une vue d’ensemble du paysage autoritaire et totalitaire des années 1919-1939 en apportant une vision originale de l’histoire européenne par la connaissance que les contemporains eux-mêmes nous ont transmis des régimes de la période. C’est donc à l’écriture d’une histoire nouvelle de l’Europe que ce colloque peut contribuer.

 

Comité scientifique

 

Sophie Cœuré (Université de Paris VII Denis Diderot), Martyn Cornick (University of Birmingham), Olivier Dard (Université de Paris IV Sorbonne), Olivier Forlin (Université Grenoble Alpes), Michel Grunewald (Université de Lorraine), Yves Léonard (IEP de Paris), Emmanuel Mattiato (Université Savoie Mont Blanc), Didier Musiedlak (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense), Miguel Perfecto (Universidad de Salamanca), Christophe Poupault (IEP d’Aix-en-Provence), Frédéric Sallée (Université Grenoble Alpes), Ana Isabel Sardinha-Desvignes (Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle), Maurizio Serra (ambassadeur d’Italie), Frédéric Turpin (Université Savoie Mont Blanc).

Lu 347 fois Dernière modification le jeudi, 24 août 2017 20:32