L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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vendredi, 26 janvier 2018 09:31

Disparition de Gérard Genot Spécial

Gérard Genot, professeur émérite de Linguistique italienne à l’Université Paris Ouest-Nanterre, est décédé à Nanterre le 24 janvier 2018, après plus de quatre ans de combat contre une maladie orpheline.

Né le 27 octobre 1937 à Montjay (Saône-et-Loire), Gérard Genot a passé son enfance et son adolescence en Tunisie où son père était douanier. Élève au Lycée Carnot de Tunis, il obtient le Premier Prix d’Italien au concours général. Il rentre en France pour préparer à Saint-Étienne le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud où il sera reçu troisième. Il poursuit ses études à la Sorbonne. En 1962, il est reçu premier à l’Agrégation d’Italien. Après avoir enseigné quelques années dans le secondaire, il est nommé Assistant, puis Maître-Assistant d’Italien à la Sorbonne. En 1969, il est nommé Chargé d’enseignement à la Faculté des Lettres de Nanterre. Le Département d’Italien était alors dirigée par Ida Maïer. En 1970, il soutient à la Sorbonne son Doctorat ès Lettres et, l’année suivante, il commence sa très brillante carrière de Professeur de Linguistique italienne. Gérard Genot demeurera fidèle à l'Université Paris Nanterre jusqu'à sa retraite, qu’il prendra en 2001. Maître incontesté et reconnu dans sa discipline, il donne un nouvel élan à la recherche, anime des séminaires et dirige des thèses. Il est l’un des collaborateurs proches de Paul Larivaille, pendant son mandat de président (1988 – 1993). Il a siégé pendant cinq ans au jury de l’Agrégation externe d’Italien, dont il a été le vice-Président.

Gérard Genot est l’auteur d’une très riche production scientifique, que la retraite n’a nullement interrompue, portant aussi bien sur la grammaire et la linguistique italienne, sur la linguistique générale et, enfin, sur la littérature italienne. Pour ce qui est du premier domaine, parmi ses ouvrages, publiés en français, en italien et en anglais, rappelons au moins Grammaire de l'Italien (1973, 1994), Elements of Narrativics - Grammar in Narrative, Narrative in Grammar (1979), Grammaire et Récit. Essai de Linguistique textuelle (1984), ainsi que le remarquable Manuel de Linguistique de l’italien, Approche diachronique (1998). Parmi ses ouvrages de critique littéraire citons Analyse structurelle de « Pinocchio » (1970, puis (Re)Lecture de Pinocchio, 2008), Pirandello (1970, puis Pirandello. Un théâtre combinatoire, 1993), Sémantique du discontinu dans « L'Allegria » d'Ungaretti (1972), un livre qui continue de faire autorité, La Fiction poétique. Foscolo, Leopardi, Ungaretti (1998), Voici que s’entrevoit Jérusalem (2013).

Gérard Genot a signé des traductions d’auteurs classiques accompagnées de riches commentaires : Cecco Angiolieri (Sonnets, 2003), le Tasse (La Jérusalemn délivrée, 2008), Pétrarque (Le Chansonnier, 2009). En collaboration avec Paul Larivaille, il a traduit le Novellino suivi de Contes de Chevaliers du temps jadis (1988) et, gageure presque impossible à tenir, Baldus (2004-2007) de Teofilo Folengo. Au nombre des auteurs modernes et contemporains que Gérard Genot a traduits, on trouve Foscolo, Leopardi, Fogazzaro, Pirandello, Papini (Concerto fantastique. Toutes les Nouvelles, 2009 ; Histoire du Christ, 2010), Viani (Un hiver à Paris. Souvenirs d’un peintre toscan, 1908-1912, 2013), Quasimodo, Tobino, Bassani, Calvino, Zanzotto, Eugenio Corti, Alessandro Spina.

Gérard Genot était également un écrivain. J’élis un lieu flagrant et nul. Poèmes complets 1962-2008 (2009) est la somme de sa poésie. Le roman La frontière (2012) ainsi que les nouvelles Messaoud (2013) évoquent la Tunisie de son enfance. Les recueils Courtes vertus (2012) et Reconnaissances, exil, mémoire, écriture (2013) se situent à mi-chemin du rêve et de la réalité, du passé et du possible.

La rigueur, la finesse herméneutique, une capacité exceptionnelle de conceptualisation, une énorme érudition caractérisent les travaux de Gérard Genot qui se défiait de ce qu’il appelait ironiquement la « spécialisation par défaut », à savoir le repli sur un segment du savoir de plus en plus réduit et marginal. Il était un « phare » pour les études italiennes en France. Ses qualités intellectuelles et humaines lui ont valu l’estime et l’admiration de ses étudiants, de ses élèves et de ses collègues.

Gérard Genot avait été élevé au rang de Commandeur des Palmes Académiques.

Ses obsèques auront lieu le 1er février 2018 à 14h30 en l’église Sainte-Marie des Fontenelles (34, avenue Félix Faure, 92000 Nanterre). Il sera inhumé à 16h00 au Cimetière Parc du Mont Valérien (rue du Calvaire, 92000 Nanterre).

 

Lu 722 fois Dernière modification le vendredi, 26 janvier 2018 10:14