L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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mardi, 16 janvier 2018 18:23

Côté jardin : Histoire(s) et représentations des jardins de la Méditerranée

Côté jardin : Histoire(s) et représentations des jardins de la Méditerranée

L’université de Nice Sophia Antipolis, membre de l’UCA, et l’Université de Gênes ont le plaisir d’annoncer la tenue d’un premier colloque international et pluridisciplinaire consacré à l’histoire et aux représentations, dans la littérature, la philosophie et les arts, des jardins de la Méditerranée. Le colloque, en deux volets, se tiendra le 10 mai et le 14 juin, de 9h30 à 18h30, aux Jardins Hanbury, situés à La Mortola, près de la ville de Vintimille (http://www.giardinihanbury.com).

Le colloque vise à analyser, à l’aide de l’histoire et de l’histoire des idées, de la littérature, de la philosophie, des arts visuels, la réalité et le mythe du jardin au sein de l’espace culturel défini par la mer « entre les terres », la Méditerranée. Dans les langues romanes, mais aussi germaniques et slaves, l’étymologie de « jardin », renvoie à l’idée d’un espace naturel entouré par une clôture, délimité par une barrière et façonné par l’action humaine. En revanche, le mot utilisé en grec ancien pour désigner le jardin, kēpos, décrit une terre destinée à la culture (de la même racine du verbe skàpto « labourer »). Ce même mot survit en grec moderne à côté du récent peribòli, « lieu clôturé ». Par ailleurs, dans un passage des Vies, 2, 116 de Diogène Laërce, kēpos est utilisé comme métaphore du sexe féminin. Ce n’est pas le fruit du hasard si Eros voit le jour « dans le jardin de Zeus » (Platon, Le Banquet, 203b). Dans la traduction biblique de la Septante « le jardin des Bienheureux », l’hébreu gan ēden (Genèse 2, 8 et 15), n’est pas le païen – et épicurien – kēpos mais un paràdeisos. Emprunt iranien, de *pardēz, composé de pairi, « autour », et daeza, « mur » – où l’on retrouve l’idée de lieu fermé, littéralement « enceinte » – paràdeisos est utilisé par Xénophon pour décrire les parcs clos, riches en animaux sauvages, où la noblesse de Perse se délectait de la chasse. Le mot passe en hébreux sous la forme pardes qui prend la signification générale de « verger ». Dans le Cantique des Cantiques (4 : 13), « jardin enclos » est la Sulamite dans la description que son amoureux fait d’elle. Le thème poétique, mystique et iconographique, lié à la Vierge, de l’hortus conclusus tire son origine de ce passage biblique, par l’intermédiaire de la Vulgate latine, de même que ’idée du jardin dans l’Europe féodale, influencée par l’expansion des monastères et de leurs cloîtres fleuris. Ainsi le jardin semble-t-il l’expression d’une relation entre le sujet humain et la nature où le sujet se reflète et se reconnaît dans l’objet ; où ce dernier devient la matière d’une création artificielle, en dévoilant l’essence hybride du jardin et sa vocation à s’avérer figure, au sens auerbachien du terme, de la nature elle-même. Au sein de cette création, la logique esthétique prime sur l’utile et le gain : protégée et protectrice, source de plaisir, la nature n’y a pour but que l’évocation de mondes possibles et l’ouverture d’horizons de contemplation. A lumière de ces réflexions préliminaires et dans une perspective pluri- et interdisciplinaire, le premier volet du colloque sera consacré tout particulièrement aux « Jardins d’Italie, d’Orient et d’Occident », dans le but de comparer histoire, récits et images définissant l’espace du jardin en suivant les coordonnées géographiques et les variables culturelles caractérisant la mer Méditerranée, à partir du XVI siècle jusqu’à nos jours. Le deuxième volet sera consacré à la thématique « Tromperies et jardins » qui vise à approfondir, à partir de l’archétype biblique du jardin d’Eden jusqu’à aujourd’hui, les significations du jardin entendu comme lieu paradigmatique, à la fois de la jouissance, spirituelle et/ou sensuelle, et de la faute.

Le Comité scientifique s’intéressera particulièrement aux propositions de communication traitant les thématiques indiquées. Les propositions de communications, de 300 mots, en langue italienne ou française, sont à faire parvenir, pour le 28 février 2018 au plus tard, à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Elles devront être accompagnées d’une courte présentation biobibliographique.

Comité scientifique Alberto Beniscelli (Université de Gênes) Pierre-Yves Beaurepaire (Université de Nice Sophia Antipolis) Lauro Giovanni Magnani (Université de Gênes) Véronique Mérieux (Université de Nice Sophia Antipolis) Jean-Paul Pellegrinetti (Université de Nice Sophia Antipolis) Antonello Perli (Université de Nice Sophia Antipolis) Laura Stagno (Université de Gênes) Stefano Verdino (Université de Gênes) Comité d’organisation Alberto Beniscelli, Francesca Irene Sensini, Stefano Verdino avec la collaboration de Matteo Grassano e Federica Lorenzi.

Bibliographie générale de référence: AA.VV, La letteratura e i giardini, Convegno internazionale (Palermo, 14-17 aprile 1984), Raccolta degli atti, Centro di studi di storia e arte dei giardini, Palermo s.d (1987). AA.VV, Il giardino come labirinto della storia, Atti del Convegno internazionale (Verona-Garda, 2-5 ottobre 1985), Firenze, Olschki, 1987. ROSARIO ASSUNTO, Ontologia e teleologia del giardino, Verona, Guerini, 1988. GIULIANA BALDAN ZENONI-POLITEO – ANTONELLA PIETROGRANDE (a cura di), Il giardino e la memoria del mondo, Firenze, Olschki, 2002. DANIELA CARPI – GIOVANNA FRANCI – GIOVANNA SILVANI, Raccontare i giardini, Milano, Guerini e associati, 1993. MICHEL CONAN, Essais de poetique des jardins, Firenze, Olschki, 2004. BLOCH ÉVELYNE DANO, Giardini di carta. Da Rousseau a Modiano, ADD Editore, 2016. JEAN DELUMEAU , A la recherche du paradis, Paris, Fayard 2010. ANGELA FARIELLO, Il giardino nella letteratura. Dal giardino classico al giardino paesistico, Roma, Bulzoni, 1998. SIMONE BERNARD-GRIFFITH – FRANÇOISE LE BORGNE – DANIEL MADELENAT, Jardins et intimité dans la littérature européenne (1750-1920), actes du colloque du Centre de recherches révolutionnaires et romantiques, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand (22-24 mars 2006), Clermont-Ferrand, Presses Universitaires, 2008. GIULIO IACOLI, La percezione narrativa dello spazio. Teorie e rappresentazioni contemporanee, Roma, Carocci, 2008. ROBERT POGUE HARRISON, Gardens: An Essay On The Human Condition, University of Chicago Press, 2008. RAFFAELE MILANI, L’arte del paesaggio, Bologna, Il Mulino, 2001. JENNIFER MUNROE, Gender and the Garden in Early Modern English Literature, Burlington, Ashgate, 2008. PAOLO ORVIETO, Labirinti, castelli, giardini. Luoghi letterari di orrore e smarrimento, Roma, Salerno Editrice, 2004. GERARD PEYLET (a cura di), Les mythologies du jardin de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle, actes du colloque, Bordeaux 12-13 janvier 2006, Bordeaux, Pessac, 2006. ENRICA SALVANESCHI, Giardini ospitali, Book editore, 2006. ALESSANDRO TAGLIOLINI – MASSIMO VENTURI FERRIOLO (a cura di), Il giardino: idea natura realtà, Guerini e associati, Milano, 1987. LUCIA TONGIORGI TOMASI – LUCA ZANGHERI (a cura di), Bibliografia del giardino e del paesaggio italiano 1980-2005, Firenze, Olschki, 2008. JACQUELINE VERDIER-NAVLET, La représentation du Paradis dans la littérature européenne d’Homère à Milton, Paris, Champion, 2014. RENEE VENTRESQUE (a cura di), Le « locus amoenus » : variations autour du paysage ideal, in « Cartes blanches », 3, 2002. LUIGI ZANGHERI, Storia del giardino e del paesaggio. Il verde nella cultura occidentale, Firenze, Olschki, 2003.

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