L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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mercredi, 20 juin 2018 11:41

Langage(s) et pouvoir(s). Formes de vie et formes de résistance

LANGAGE(S) ET POUVOIR(S). FORMES DE VIE ET FORMES DE RESISTANCE. COLLOQUE

19-20 NOVEMBRE 2018

Sorbonne Université – Université Paris Nanterre

Merci d’envoyer vos propositions de communication (300 mots maximum, en français ou en italien) en indiquant le panel de référence et, éventuellement, une brève bibliographie, au plus tard le 31 août 2018 à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Chaque proposition sera examinée par le comité scientifique de manière anonyme.

Notification d’acceptation ou de refus : 15 septembre.

La version intégrale de l’appel à communication est disponible à la page suivante : https://langagesetpouvoirs.wordpress.com/ 

Le paradigme Langage(s) et Pouvoir(s) propose d’emblée une réflexion sur la relation qui s’instaure entre les formes d’expression du corps, de la pensée, de la conscience humaine et le système normatif dans le contexte italien de la seconde moitié du XXème siècle. Hannah Arendt affirme dans La condition humaine (1958) : « La puissance n’est actualisée que lorsque la parole et l’acte ne divorcent pas, lorsque les mots ne sont pas vides, ni les actes brutaux, lorsque les mots ne servent pas à voiler les intentions mais à révéler des réalités, lorsque les actes ne servent pas à violer et détruire mais à établir des relations et créer des réalités nouvelles ».

Le colloque vise à interroger cette question à partir d’une ouverture théorique qui se déploie en quatre panels.

1. Repenser, représenter et réformer les corps

Dans une ère où l’emprise du pouvoir sur la vie biologique des corps est quasiment totale, comment peut-on encore imaginer une prise de distance critique, une résistance, voire une fuite vis-à-vis de ses pratiques de domination ? Cette question peut être envisagée à travers des pistes de réflexions telles que :

- Transpositions artistiques et poétiques de l’emprise du pouvoir sur les corps, ou des formes de domination qui s’instaurent entre les corps mêmes.

- Théorisation de la relation des corps au(x) pouvoir(s) politique(s): exploitation du « corps politique » ainsi que neutralisation du langage du pouvoir par la mise en place de stratégies de résistance.

- Conception de formes de vie antagonistes au biopouvoir : redéfinition de la communauté humaine, réappropriation du corps à travers l’expérience du seuil.

2. Langage et formes discursives entre littérature et industrie

De « l’industrialisme illuminé » d’Adriano Olivetti à « l’industrialisation forcée » centrée sur un développement détaché du progrès, dont parlait Pasolini, sonder la relation entre littérature et industrie pose une série de questions qui dépassent la seule composante esthétique de l’œuvre. Si, comme l’affirme Fortini, « les formes, les modes, les temps de la production industrielle et ses rapports sont la forme même de la vie sociale, le contenant historique de tout notre contenu et pas simplement un aspect de la réalité », et si « les structures économiques – dans notre cas capitalistes et donc industrielles – sont ni plus ni moins que l’inconscient social », comment est-il possible, aujourd’hui, de développer un discours sur le lien entre littérature et industrie ? La question peut être abordée tout en mettant en lumière le rapport entre :

- politique et industrie ;

- université et industrie ;

- édition et industrie.

3. Pouvoir et altérité : la langue et ses enjeux dans l’expérience coloniale

Les propositions d’interventions devront approfondir le lien entre langage, formes de pouvoir et d’existence à travers l’analyse d’œuvres littéraires et/ou cinématographiques portant sur l’expérience coloniale italienne et son héritage. En tenant compte du cadre postcolonial, tant au niveau théorique que par de possibles rapprochements avec d’autres contextes et d’autres œuvres, les interventions privilégieront les axes de recherche suivants :

- Les rapports de force entre langue du colonisateur et langue du colonisé. - La relation à une langue autre et imposée comme caractère déterminant de l’expérience du sujet colonial, et sa transposition potentielle à l’expérience migratoire.

- Les dynamiques de transformation, hybridation et réappropriation linguistiques et leur réécriture dans le corpus postcolonial.

- L’accès du sujet colonisé à la parole (ou son impossibilité) dans ses différentes mises en scène.

4. Résistances. Formes, pratiques, stratégies entre vie et littérature

Ce panel déploie une réflexion sur la possibilité de repenser le rapport entre vie et art mis en pratique par la littérature italienne contemporaine à partir de quatre stratégies possibles de résistance.

- Résistance de l’œuvre : dispositifs textuels (contenu et forme de l’œuvre – œuvre ouverte, œuvre fragmentaire, autofiction) qui s’opposent à un système normatif à la fois idéologique, littéraire et stylistique.

- Résistance de l’auteur : éthique de l’existence (contamination entre la vie et l’œuvre, exposition de soi, pratiques de désubjectivation).

- Résistance du corps : métamorphoses, hybridations, fuites et fluctuations (le queer au-delà du queer).

- Résistance à la fin du monde : anthropocène, survie de l’espèce (« emergenza di specie »), horizon écologique.

Comité scientifique : Andrea Agliozzo (Sorbonne Université), Riccardo Antoniani (Sorbonne Université), Elisa Attanasio (Sorbonne Université), Nicola Brarda (Sorbonne Université), Claudia Dell’Uomo d’Arme (Sorbonne Université), Alessandro Fiorillo (Scuola Normale Superiore di Pisa), Alexandra Khaghani (Sorbonne Université), Francesco Rizzo (Sorbonne Université), Graziano Tassi (Université Paris Nanterre), Amélie Aubert-Noël (Université Paris Nanterre).

Organisation : Elisa Attanasio (Sorbonne Université), Claudia Dell’Uomo d’Arme (Sorbonne Université), Roberto Lapia (Université Paris Nanterre), Estelle Paint (Université Paris Nanterre).

Colloque organisé par l’Équipe Littérature et Culture Italiennes (ELCI) de Sorbonne Université en collaboration avec le Centre de Recherches Italiennes (CRIX-EA 369) de l’Université Paris Nanterre.

Lu 308 fois Dernière modification le vendredi, 07 septembre 2018 22:13