L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

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mardi, 09 janvier 2018 19:03

En traduisant les Trecento novelle de Franco Sacchetti : de la langue à l'histoire

Université de Lyon

LabEx CoMod

Colloque international

8 et 9 novembre 2018

Les propositions de communication (1000 caractères espaces comprises) sont à envoyer à Sylvain Trousselard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) ainsi qu’à Laurent Baggioni (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) avant le 30 mars 2018 (délai de rigueur).

Le fichier PDF reprend les éléments de cette présentation et expose précisément les axes qui articuleront ces deux journées.

 

 

 

La traduction des Trecento novelle est à l’origine d’un questionnement critique qui engage à la fois la compréhension de l’écriture dans sa dimension la plus locale, ponctuelle et l’élucidation du sens global de l’œuvre, du principe ou des principes d’articulation des récits entre eux. La question du comment traduire se heurte donc au caractère mouvant, multiforme, irréductible du texte et conduit à une autre problématique : comment lire les Trecento novelle comme une œuvre ? La question de la cohérence des choix de traduction constitue donc une voie d’accès au texte qui rend inéluctable une entreprise de réévaluation herméneutique.

L’hypothèse que nous souhaiterions mettre à l’épreuve naît précisément d’un examen de l’écriture narrative de Sacchetti : elle nous semble être une tentative - voire une expérimentation - visant à établir, par la narration, une distance critique avec le monde contemporain. À l’inverse de l’approche la plus fréquemment utilisée pour lire les Trecento novelle - à savoir que Sacchetti consacrerait une forme de rétrécissement du chronotope de la nouvelle en se concentrant presque exclusivement sur l’univers florentin, à l’intérieur et au delà des murs de la ville -, nous posons que les coordonnées spatio-temporelles sont précisément déterminées par l’attitude d’un narrateur qui, s’il n’accède pas au statut d’une subjectivité pleine et entière, transmet par sa présence une forme de regard éthique et partant, politique, sur le monde contemporain.

Souvent considéré - et en fait, déconsidéré - comme un simple maillon dans une histoire littéraire de la nouvelle structurée autour du Décaméron, le texte de Sacchetti prend tout son sens si on évalue son originalité en la rapportant aux autres tempéraments littéraires de son propre temps. La portée éthique et civique des Trecento novelle, maintes fois soulignées, n’est pas sans liens avec d’autres formes d’écriture, de Salutati à Morelli, en passant par Catherine de Sienne. Sacchetti s’insère ainsi pleinement dans cette fin du XIVe siècle où écrivains et penseurs traduisent de profondes inquiétudes politiques et religieuses mais ne renoncent en aucun cas à la puissance critique de l’écriture révélée notamment par les grands textes du Trecento.

En ce sens, si Sacchetti, dans un rapport de filiation et de confrontation constantes avec le modèle décaméronien, entend rénover radicalement, par la langue et par le style, l’écriture du récit bref, c’est pour participer pleinement à une maturation intellectuelle et politique visant à redéployer ou à retisser le lien entre l’individu et le collectif, entre le sujet et la communauté, entre les histoires particulières et l’histoire commune.

 

 

Lu 669 fois Dernière modification le vendredi, 07 septembre 2018 22:18