L'alégorie du bon gouvernement est fresque faisant partie d'une série peinte par d'Ambrogio Lorenzetti et placées sur les murs de la Sala dei Nove (la salle des Neuf) ou Sala della Pace (salle de la Paix) du Palazzo Pubblico de Sienne

Smaller Default Larger
mardi, 08 septembre 2015 00:00

Carlo Salsa, Tranchées

  Carlo Salsa, Tranchées, Les Belles Lettres, 2015 "Collection Mémoires de guerre".

Traduction, préface, chronologie et notes par Stéphanie Laporte

 

 

C'est d’une guerre terrible et méconnue dont témoigne le journaliste Carlo Salsa dans Tranchées, celle que les cinq millions de soldats italiens livrèrent à partir de juin 1915, sur un inaccessible front d’altitude, contre les combattants de l’Empire austro-hongrois.Texte inédit en France, Tranchées est un récit rare sur l’effroyable massacre qui va se dérouler durant près de trois ans et demi sur ce front qui s’étend au nord du pays, d’ouest en est, du Trentin jusqu’à l’Adriatique. Les Autrichiens et leurs alliés sont en haut, retranchés dans des positions d’altitude occupées avant le début des hostilités, les Italiens en bas. Pour eux, toutes les misères de la guerre sont réunies : boue, froid, offensives vouées à l’échec, boucherie des combats, cadavres entassés, folie qui gagne les hommes.Mais à ces malheurs, s’en ajoute un plus terrible encore : le mépris et la défiance des officiers italiens envers leurs soldats, ce « peuple des tranchées » qu’ils envoient au carnage sans jamais reconnaître leur vaillance. C’est à ces hommes, pour la plupart paysans, que le sous-lieutenant Carlo Salsa, 23 ans, qui a déjà publié quelques poèmes dans des revues avant de partir à la guerre, veut rendre hommage en écrivant Tranchées. Un ouvrage si dérangeant que tout sera fait pour l’ignorer à sa publication, en 1924.Fait prisonnier en juin 1917, Carlo Salsa laisse aussi des pages précieuses sur ses seize mois de captivité dans le camp de prisonniers de Therensienstadt, cet autre cercle de l’enfer. Pour le haut-commandement italien, les 100 000 hommes capturés par les Autrichiens ne sont que des traîtres et des lâches qu’il s’emploiera à laisser mourir de faim afin de décourager de futures désertions. En dénonçant ces violences, tout comme l’histoire officielle et la propagande de l’arrière, en ne cachant rien des horreurs subies par ses camarades, Carlo Salsa a écrit l’une des pièces majeures de la littérature européenne.

Lu 1195 fois Dernière modification le samedi, 03 octobre 2015 14:37