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mardi, 13 janvier 2015 00:00

Andrea Bajani, La vita non è in ordine alfabetico

Bajani Andrea, La vita non è in ordine alfabetico, Torino, Einaudi, 2014, 130 p.

   Il semble bien que ces derniers temps les récits brefs et les petites histoires presque infantiles recueillies dans de petits livres de poche que l’on lit souvent un peu à la va vite reviennent à la mode. Bref, on dirait bien que les enfants qui ont grandi en lisant Gianni Rodari (1920-1980) se sont désormais mis à écrire. Au vu des jolis succès en la matière de quelque grands auteurs, qu’il suffise de penser à Dieci prove di fantasia de Cesare Segre (1928-2014), cela semblait être un défi non des moindres que de réussir à ne pas faire l’objet de la moquerie publique en publiant un livre intitulé La vie n’est pas en ordre alphabétique.

Mais, Andrea Bajani (1975-) ne s’est pas contenté de proposer un petit livre décent, « lisible », et, qualité non négligeable, léger. Bien au contraire, il nous offre un modèle du genre, un paradigme, en somme le « b.a.- ba » de ce type de littérature. Dans cet abécédaire, reviennent à la mode de la vie justement, il recueille une série de récits brefs, de miettes que le lecteur est libre de recomposer de diverses manières. A chaque lettre de l’alphabet correspondent donc deux histoires (excepté pour le A, le H, le U et le Z) qui n’excèdent jamais deux pages et demie. Un peu à la manière de Queneau (1903-1976) dans ses Exercices de style, l’auteur nous propose une série de variations sur la vie quotidienne, chaque lettre déploie un monde nouveau et, comme le dit Andrea Bajani dans l’introduction qui figure la découverte de l’alphabet par une classe d’enfants : « Avec vingt et une lettres – a-t-il [le maître d’école] dit en les prenant toutes dans ses mains puis en les passant sous nos nez - on peut construire et détruire le monde » (p. 3).        Naissent ainsi une série de trente huit mondes reliés entre eux par un seul fait de style, fondamental au demeurant, l’usage de la deuxième personne du singulier ou du pluriel. Le (ou les divers) narrateur omniscient se faufile donc dans les divers moments de la vie, moments parfois cruciaux, parfois tout à fait futiles. On est donc conduits, calmement, comme lors d’une promenade, d’une intimité à l’autre, d’un accouchement à la mort d’une femme, d’un match de foot à la description d’un drapeau, du cabinet d’un psy à un chenil etc. Le lecteur s’introduit en somme dans ces moments intimes de la vie de tout un chacun sur la pointe des pieds, sans prétextes inutiles et avec une certaine franchise, poussé par la curiosité et entraîné par la tendresse de ces vies incomplètes, parallèles. Ainsi, l’auteur nous guide dans son abécédaire plurivoque de vies possibles. Au moyen d’un art subtil et délicat de la situation, il rend chaque moment intéressant, et ne réutilise jamais des conjonctures volontairement comiques ou tragiques : bref, on ne pleure ni ne rit jamais, mais on lit ce livre avec un sourire qui flotte sur nos lèvres et les yeux un peu humides. En un mot c’est la force de la nuance qui rend inoubliable ce petit livre. Sa grandeur tient au fait ne pas peindre avec un excès de pathos des prouesses épiques d’illustres inconnus, mais bien plutôt de réussir à nous rappeler toutes ces petites joies, ces précieux instants de douceur, avec « la mélancolie de quand on se rend compte que l’on a cessé de chercher une chose, de quand on s’aperçoit que parmi les nombreuses choses apprises, on a appris à vivre sans » (p. 102). Paradoxalement, ce livre en somme est une affirmation puissante de la volonté de tout garder de la vie, de ne renoncer à rien, de ne jamais apprendre à « vivre sans ».        C’est ainsi que sont acceptées toutes les difficultés littéraires, sans peur et avec une certaine tranquillité. L’auteur n’est pas comme ces enfants qu’il décrit lui-même, qui, en voyant les lettres de l’alphabet éparpillées sur le bureau du maître d’école se mettent à chercher l’initiale de leur propre nom (« Les plus culottés avaient fouillé jusqu’à ce qu’ils trouvent celle qu’ils cherchaient » p. 127). Au contraire, Bajani prend les lettres comme elles se présentent à lui, et tout à coup l’alphabet n’est rien d’autre qu’un ordre aléatoire au même titre que n’importe quel autre. Il ne craint pas de choisir les mots les plus utilisés, et même vus et revus, dans ce genre d’abécédaire (« A pour Amour, N pour Nostalgie et Nudité, T pour Terre et Trêve »), mais l’histoire qui en résulte porte toujours en elle l’originalité du banal. De sorte que, par exemple, pour illustrer le mot Amour on est introduits dans les pensées d’un homme qui, à l’accouchement de sa femme, se souvient du chien de sa tante ; et de fait, l’auteur lui-même avec un demi sourire commence son livre presque étonné : « Qui aurait pu prévoir que justement à ce moment là, dans cet attirail, tu aurais pu penser au chien de ta tante » p. 7). Illustrant ainsi combien il est conscient des codes littéraires desquels il se joue avec aisance, Andrea Bajani nous propose un dialogue aussi bien avec la vie quotidienne qu’avec la langue et l’histoire de la littérature.        Ces trente huit morceaux de vies quotidiennes en ordre alphabétique viennent affluer dans l’estuaire de la Vie avec un V majuscule, comme pour prouver encore une fois que l’Histoire est faite d’histoires. Enfin, on a vraiment l’impression d’avoir sous les yeux la parfaite illustration littéraire de la « micro-histoire » de Carlo Gingsburg.

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Bajani Andrea, La vita non è in ordine alfabetico, Torino, Einaudi, 2014, 130 p.

        Pare proprio che in questi ultimi tempi vadano di nuovo di moda i racconti brevi e le storielle quasi infantili compilate in libercoli tascabili che spesso si leggono un po’ alla svelta. Insomma, sembra che chi è cresciuto leggendo Gianni Rodari (1920-1980) si sia messo ormai a scrivere. Dati i cospicui successi in questo genere di qualche grande autore, si pensi soltanto alle Dieci prove di fantasia di Cesare Segre (1928-2014), sembrava una sfida non da poco riuscire a non esser oggetto di pubblica burla pubblicando un libro intitolato La vita non è in ordine alfabetico. Ma Andrea Bajani (1975-) non si è accontentato di proporre un libricino decente, “leggibile”, e, qualità da non sottovalutare, leggero. Anzi, egli ci offre un modello del genere, un paradigma, insomma l’“abc” di questo tipo di letteratura. In questo abecedario, appunto, della vita, compila una serie di racconti brevi, di bricciole che il lettore è libero di ricomporre in svariati modi. A ogni lettera dell’alfabeto corrisponderanno quindi due storie (eccetto per la A, la H, la U e la Z) che non eccedono mai due pagine e mezzo. Un po’ alla Queneau degli Exercices de style, l’autore ci propone una serie di variazioni sulla vita quotidiana, ogni lettera dischiude un mondo nuovo e, come lo dice Andrea Bajani nell’introduzione che finge la scoperta dell’alfabeto da parte di una classe di bambini : « Con ventuno lettere – ha detto [il maestro] prendendole tutte nelle mani e poi passandole sotto i nostri nasi - si può costruire e distruggere il mondo » (p. 3).        Nascono quindi una serie di trentotto mondi collegati da un solo fatto di stile, fondamnetale però, l’uso della seconda persona del singolare o del plurale. Il (o i vari) narratore onnisciente si intrufola quindi in variegati momenti della vita, momenti a volte cruciali, a volte del tutto futili. Veniamo quindi portati con calma, quasi a fare una passeggiata, da un’intimità ad un’altra, da un parto alla morte di una donna, da una partita da calcio alla descrizione di una bandiera, dallo studio di uno psicologo a un canile ecc. Il lettore insomma si introduce in quei momenti intimi della vita di ognuno come in punta dei piedi, senza inutili pretesti e con una certa franchezza, spinto dalla curiosità e trascinato dalla tenerezza di queste vite incomplete, parallele. L’autore ci guida in questo suo abecedario plurivoco di vite possibli. Mediante un’arte sottile e delicata della situazione egli rende ogni momento interessante, e non riutilizza mai ambientazioni volutamente comiche o tragiche: insomma, non si piange né si ride mai, ma si legge questo libro con un sorriso che alleggia sulle labbra e gli occhi umidicci. In una parola è la forza della sfumatura a rendere indimenticabile questo libbricino. La sua grandezza sta nel non dipingere con eccessivo pathos prodezze epiche di illustri sconosciuti, bensì nel riuscir a ricordarci tutte quelle piccole felicità, quei preziosi istanti di dolcezza, con « la malinconia di quando ci si rende conto che si è smesso di cercare una cosa, di quando ci si accorge che tra le tante cose imparate, si è imparato a vivere senza » (p. 102). Paradossalmente, questo libro è insomma un’affermazione potente del voler tenersi tutta la vita, di non rinunciare a niente, di non imparare mai a « vivere senza ».        Così appunto vengono accettate tutte le difficoltà letterarie, senza paura e con una certa tranquillità. L’autore non è come quei ragazzini, da lui stesso descritti, che nel vedere le lettere dell’alfabeto sparpagliate sulla cattedra, si mettono a cercare l’iniziale del proprio nome (« I più sfacciati avevano frugato finché avevano trovato quella che cercavano », p. 127). Anzi, Bajani prende le lettere come gli arrivano e di colpo l’ordine alfabetico non è nient’altro che un ordine casuale al pari di qualsiasi altro. Non teme di scegliere parole più che usate, anzi tritte e ritritte, in questo tipo di abecedario (« A per Amore, N per Nostalgia e Nudità, T per Terra e Tregua »), ma la storia che ne vien fuori è ogni volta dotata dell’originalità del mondo banale. Sicché, ad esempio, per illustrare la parola Amore veniamo condotti nei pensieri di un uomo che al parto della moglie sta ricordando il cane della zia; infatti, l’autore stesso con un mezzo sorriso inizia il libro quasi stupito: « Chi l’avrebbe detto che proprio in quel momento, conciato così, avresti pensato al cane di tua zia », p. 7). Illustrando così quanto sia consapevole dei codici letterari con i quali scherza con molto agio, Andrea Bajani ci propone un dialogo sia con la vita quotidiana che con la lingua e con la storia della letteratura.        Questi trentotto brani di vite quotidiane compilate in ordine alfabetico vengono quindi a confluire nell’estuario della Vita con la V maiuscola, come a riprova del fatto che la Storia è fatta di storie. Insomma sembra proprio di aver sotto agli occhi l’illustrazione letteraria perfetta della « micro-storia » di Carlo Gingsburg.

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Lu 1820 fois Dernière modification le mardi, 13 janvier 2015 16:22
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