Smaller Default Larger
dimanche, 20 novembre 2016 00:00

Genesi e storia della «trilogia» di Andrea Zanzotto

Francesco Venturi, Genesi e storia della «trilogia» di Andrea Zanzotto, Pisa, ETS, 2016, 265 pp. 

Le 18 octobre 2011, peu après son quatre-vingt-sixième anniversaire, disparaissait Andrea Zanzotto (né à Pieve de Soligo le 10 octobre 1921). Cinq ans après la mort de ce poète de la Vénétie, les recherches sur son œuvre, engagées depuis un certain temps déjà, compte tenu de l’originalité et de la notoriété de ses publications (notamment à partir de La Beltà en 1968) se poursuivent (dans différentes langues) avec de nouvelles générations de chercheurs, tels que Giorgia Bongiorno, Alberto Russo, Donatella Favaretto (pour la France), et Luca Stefanelli (pour l’Italie). En 2015, Luca Stefanelli avait publié aux éditions Mimesis (Milan-Udine), un volume significatif, intitulé Il divenire di una poetica (il logos veniente di Andrea Zanzotto, dalla Beltà a Conglomerati), une clé exégétique pour comprendre une des périodes de la maturité du poète.

Cette année, c’est au tour de Francesco Venturi, jeune chercheur, post-doctorant de la Durham University, de faire paraître un essai important, qui ouvre de nouvelles perspectives sur la connaissance de l’œuvre de l’un des poètes les plus significatifs de la deuxième moitié du 20ème siècle : il publie aux éditions ETS de Pise, les 265 pages de la Genesi e storia della « trilogia » di Andrea Zanzotto.

 

Par le passé, de nombreux critiques – dont certains d’une notoriété incontestable – ont proposé des essais sur les recueils de Zanzotto dès Dietro il paesaggio (1951) et jusqu’à La Beltà (1968) ; néanmoins, plus récemment, ce sont les recueils d’une interprétation plus difficile qui retiennent toute l’attention. En plus d’autres essais sur différents écrivains, Francesco Venturi a lui-même consacré au moins quatre études sur les œuvres les plus récentes de Zanzotto : « Lettura di Conglomerati di Andrea Zanzotto », « Tra i materiali genetici del Galateo in Bosco », « Tracce e figurazioni dantesche nella “pseudo trilogia” di Andrea Zanzotto », « Alle origini della “trilogia” di Andrea Zanzotto, Il progetto ”lógos erchómenos” e Fosfeni ». En fait le livre publié par Venturi fait la synthèse de ces approches aux œuvres postérieures à 1968, notamment comme indiqué dans le titre, de cet ensemble de trois recueils, dénommé « trilogia » ou « pseudo-trilogia », selon l’expression même de Zanzotto : Il Galateo in Bosco (1978), Fosfeni (1983) et Idioma (1986).

Par une analyse scrupuleuse des manuscrits et autographes du Centre Universitaire des Manuscrits de l’Université de Pavie, Francesco Ventura aborde dans cinq chapitres très denses cette « trilogie » et les ouvrages qui l’encadrent, notamment le célèbre Pasque de 1973, qui préfigurait déjà cette poétique, reprise et perfectionnée ensuite dans les trois recueils parus de 1978 à 1986. La structure de l’essai permet de rentrer graduellement dans la problématique mise en place, qui vise à éclairer la construction temporelle des trois recueils, dont Zanzotto avait proposé une « image phytomorphe », en cohérence avec l’attention que le poète accordait à la dimension écologique, d’une part, et avec sa conception d’un discours poétique « rhizomatique », qui s’inspire – en partie – de la théorie deleuzienne, d’autre part.

Dans le premier chapitre (« Il campo rotante della trilogia »), Francesco Venturi décrit le contexte de la recherche, présents fonds rassemblés au Centre de manuscrits de Pavie, et évoque la mise en place de l’archive, obtenu grâce à l’amitié entre le poète et Maria Corti, la composition des fonds par rapport aux collections respectives, et conclut par une synthèse qui définit la façon dans laquelle Zanzotto écrivait ses lyriques.

Dans les chapitres suivants, faisant suite à l’analyse de la mise en place progressive du projet « phytomorphe » dans les textes précédant la trilogie entre les années 60 et 70, sont explorés les concepts clés de la nouvelle poétique de Zanzotto : le sonnet en tant que forme idéale et « arcadique », le dialecte en tant que langue de la nature – langue « vive » et « fondatrice » du sujet poétique –, et le « lógos erchómenos », hapax zanzottien qui évoque et invoque une oralité « agrammaticale », inhérente à la parole humaine et espace privilégié du discours poïétique.

Enfin, dans les deux derniers chapitres, Francesco Venturi explique la construction patiente et minutieuse du Galateo et de Fosfeni, d’abord, puis d’Idioma, ce dernier recueil faisant l’objet d’une « stratigraphie », grâce à laquelle sa place centrale dans la trilogie est mise en évidence. En effet, celui qui dans un ordre chronologique est le dernier dans la « pseudo-trilogie » s’avère être en réalité le fondement, ou la « première marche », d’un projet dont le modèle idéal était la tripartition de la Commedia dantesque, bien que sous forme de « palimpseste ».

L’étude de ce jeune chercheur est également complétée par une série de quinze tables qui permettent de mieux appréhender la chronologie des poèmes envisagés, et aussi par le choix de dix photogrammes des manuscrits, placés à la fin de l’ouvrage et qui illustrent une partie du matériel examiné.

Une telle étude constitue, dans son ensemble, un très bon exemple des possibilités s’offrant à l’intelligence des jeunes chercheurs pour exploiter les archives des manuscrits du XXe siècle. Comme Carlo Caruso l’évoquait récemment dans le Corriere del Ticino du 18 octobre 2016, Andrea Zanzotto fut le poète qui donna de « nouvelles potentialités » à l’acte poétique : Francesco Venturi révèle comment le projet zanzottien fut conçu et comment il prit forme, grâce à une recherche minutieuse dans les documents à disposition. D’ailleurs, comme Venturi le laisse entendre, le travail de recherche sur les manuscrits zanzottiens peut encore apporter des développements nouveaux, puisque tous les autographes, et notamment plusieurs de ceux concernant les essais et les proses, ne sont jusqu’à présent pas encore à la disposition du public.

Jean Nimis – Université Toulouse 2 Jean-Jaurès - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Francesco Venturi, Genesi e storia della «trilogia» di Andrea Zanzotto, Pisa, ETS, 2016, 265 pp. 

Il 18 ottobre 2011 scompariva il poeta Andrea Zanzotto, poco dopo aver compiuto 86 anni (era nato a Pieve di Soligo il 10 ottobre 1921). Cinque anni dopo la morte del poeta veneto, le analisi della sua opera, già avviate da tempo vista l’originalità e la notorietà delle pubblicazioni, a cominciare da La Beltà del 1968, continuano con nuove generazione di ricercatori (in varie lingue): per esempio Giorgia Bongiorno, Alberto Russo e Donatella Favaretto (per la Francia), e Luca Stefanelli (per l’Italia). Luca Stefanelli aveva pubblicato presso le edizioni Mimesis (Milano-Udine), nel 2015, un volume incisivo intitolato Il divenire di una poetica (il logos veniente di Andrea Zanzotto, dalla Beltà a Conglomerati), chiave esegetica per la comprensione del periodo della maturità del poeta.

Un altro giovane studioso ha dato alle stampe quest’anno un importante saggio che apre nuove prospettive per la conoscenza dell’opera di uno dei più importanti poeti della seconda metà del Novecento: Francesco Venturi, post dottorando della Durham University, pubblica presso le edizioni ETS (Pisa) le 265 pagine della Genesi e storia della «trilogia» di Andrea Zanzotto.

Parecchi saggi di vari – e talvolta notissimi – critici si sono interessati in passato alle raccolte zanzottiane da Dietro il paesaggio (1951) a La Beltà (1968), ma più di recente hanno suscitato maggiore interesse le sillogi di più difficile interpretazione, a partire da Pasque (1973), quelle più difficili d’interpretazione, ad aver ritenuto l’attenzione. Lo stesso Francesco Venturi si è dedicato, oltre a saggi su diversi scrittori, ad almeno quattro analisi delle opere più recenti del poeta di Pieve di Soligo: «Lettura di Conglomerati di Andrea Zanzotto», «Tra i materiali genetici del Galateo in Bosco», «Tracce e figurazioni dantesche nella “pseudo-trilogia” di Andrea Zanzotto», «Alle origini della “trilogia” di Andrea Zanzotto». Il progetto “lógos erchómenos” e Fosfeni». Il libro di Venturi uscito quest’anno è in sostanza una somma di questi approcci alle opere del dopo 1968, e in particolare, come l’indica il titolo, al gruppo delle tre raccolte, detto “trilogia” o “pseudo trilogia” secondo l’espressione dello stesso Zanzotto: Il Galateo in Bosco (1978), Fosfeni (1983) e Idioma (1986).

Attraverso cinque densi capitoli, Venturi si interessa, tramite l’analisi attenta dei manoscritti e delle carte autografe del Centro Manoscritti dell’Università di Pavia, a questa “trilogia” e alle raccolte che la inquadrano, in particolare il celebre Pasque del 1973, che già annunciava la poetica successivamente ripresa e perfezionata – e, a momenti, esacerbata – nella “trilogia”. La struttura del saggio permette di entrare gradualmente nella problematica svolta, che mira a chiarire la costruzione nel tempo delle tre sillogi, di cui Zanzotto aveva proposto un’“immagine fitomorfa” (in coerenza con la preoccupazione del poeta per la dimensione ecologica e con la sua concezione di un discorso poetico “rizomatico”, in parte ispirato alla teoria deleuziana).

Nel primo capitolo («Il campo rotante della trilogia») , Francesco Venturi espone il contesto in cui si svolse la ricerca, presentando il fondo riunito al Centro Manoscritti di Pavia, evocando la costituzione dell’archivio grazie all’amicizia del poeta con Maria Corti e la composizione del fondo riguardo alle rispettive raccolte, e sfocia su una sintesi del modo in cui Zanzotto scriveva le sue liriche.

Nei capitoli seguenti, dopo l’analisi della progressiva costituzione del progetto “fitomorfo” della trilogia nei testi precedenti, tra gli anni ’60 e ’70, vengono esplorati i concetti cardine che si trovano all’origine della poetica zanzottiana: il sonetto come forma ideale “arcadica”, il dialetto come lingua della natura – lingua “viva” e “fondante” per il soggetto poetico – e il “logos erchómenos”, hapax zanzottiano che evoca – e invoca – l’oralità “agrammatica” inerente alla parola umana, territorio privilegiato del discorso poïetico.

Infine, nei seguenti due capitoli, Francesco Venturi espone la paziente e attenta costruzione del Galateo e di Fosfeni, poi di Idioma, raccolta di cui lo studioso propone una “stratigrafia” attraverso la quale viene a confermarsi la centralità di questa raccolta: cronologicamente l’ultima della “pseudo trilogia”, ma fondamento o primo gradino di un progetto il cui modello ideale era per Zanzotto la tripartizione della Commedia dantesca, anche se in forma di “palinsesto”.

Va anche notata, in questo lavoro del giovane ricercatore, la serie di 15 tavole che permette di sintetizzare la cronologia delle liriche prese in considerazione, nonché una scelta di 10 fotogrammi di manoscritti, posti alla fine del volume, che illustrano efficacemente al lettore una parte del materiale studiato.

Tale studio costituisce quindi complessivamente un notevole esempio delle possibilità offerte all’intelligenza dei giovani ricercatori nello sfruttare gli archivi dei manoscritti novecenteschi. Come diceva di recente Carlo Caruso nel Corriere del Ticino del 18 ottobre 2016, Andrea Zanzotto fu il poeta che diede “nuove potenzialità” all’atto poetico, e Francesco Venturi rivela bene come il progetto zanzottiano venne ideato e si costituì, grazie a una ricerca attenta nelle carte a consultabili. D’altronde, come accenna Francesco Venturi, il lavoro di analisi sui manoscritti zanzottiani può ancora dar luogo a ulteriori sviluppi, dato che al giorno d’oggi non tutti i manoscritti autografi, in particolare molti di quelli riguardanti i saggi e le prose, sono a disposizione del pubblico.

Jean Nimis – Université Toulouse 2 Jean-Jaurès - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Lu 762 fois Dernière modification le lundi, 21 novembre 2016 15:19