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jeudi, 23 octobre 2014 00:00

Lucio Fauno [Giovanni Tarcagnota], Il compendio di Roma antiqua

Lucio Fauno [Giovanni Tarcagnota], Il compendio di Roma antiqua, a cura di Gennaro Tallini, Firenze, Franco Cesati Editore, 2014, 144p.L’édition critique réalisée par Gennaro Tallini se concentre sur un type d’ouvrage tout à fait particulier de la production italienne du XVIème siècle. En effet, le Compendio constitue un guide touristique établi par l’éditeur Giovanni Tarcagnota sous le pseudonyme de Lucio Fauno. Il nous faut insister également sur le pseudonyme utilisé par l’auteur de l’ouvrage, Lucio Fauno, utilisé pour signer certaines commandes éditoriales, alors que l’auteur proprement dit, Giovanni Tarcagnota rédige, de son côté, d’autres ouvrages. Le guide de Giovanni Tarcagnota s’inscrit dans une perspective claire de commande où viennent se superposer des exigences politiques et éditoriales.

Ce type de publication entre pleinement dans le cadre d’une stratégie politique et religieuse très précise qui est celle de la venue des pèlerins à Rome près le Saint Siège. En effet, les souverains pontifes, à partir de sixte iv avaient rapidement compris que la diffusion d’informations liées à la capitale de la Chrétienté était susceptible de développer un tourisme autour des événements organisés par la Curie, les Jubilés étant les exemples les plus évidents de la stratégie religieuse et politique des Papes successifs. Comme l’explique l’auteur, l’utilisation politique de l’antiquité vient confirmer une nouvelle scénographie papale de la capitale dont le point d’orgue reste les aménagements réalisée par Michel-Ange. L’auteur de cette édition critique a admirablement mis en valeur les aspects historico-religieux de la Papauté et des États Pontificaux afin de faire se superposer deux dimensions de la ville et donner, par reflet, l’héritage de la Rome antique à la stratégie papale.L’ouvrage se compose de 7 parties distinctes, débutant par les abréviations utilisées dans le volume et suivi d’une longue introduction très précise et richement illustrée. Vient ensuite le texte proprement dit, complété de nombreuses notes de bas de page indiquant les variantes des différentes éditons imprimées, des erreurs et des modifications volontaires de l’éditeur. Le commentaire au texte reprend les illustrations présentes dans les différents témoins pour les commenter en établissant un rapport texte / image essentiel à la compréhension du guide. Parallèlement à une recherche méticuleuse des ouvrages étudiés pour la présente édition, Tallini s’emploie à opérer une critique enrichissante des choix opérés par l’auteur pour en extraire les visées culturelles et politiques d’une part et, de l’autre, les manques et surtout les erreurs dans les présentations, les explications et autres indications proposées pour les pèlerins. L’ensemble du volume représente donc une somme non négligeable et essentielle pour la lecture, l’analyse et la compréhension du guide touristique. Le volume se conclut sur un ensemble très riche et particulièrement éclairant de documents annexes. En effet, Tallini a réalisé un système de tableaux dans lesquels il reprend de manière très pragmatique les références toponymiques pour les classer et les articuler en parallèle avec le texte de Fauno. Viennent enfin la bibliographie organisée en deux parties (les fonds documentaires et les éditions et études) et l’index nominum. Nous aurions peut-être préféré que la bibliographie soit davantage articulée afin de proposer au lecteur non spécialiste une approche plus précise de ce genre littéraire. Il s’agit là d’un détail bien secondaire face à la qualité de l’ensemble du volume.Le Compendio, proprement dit, se compose de cinq parties distinctes présentant les portes de Rome, les collines et les lieux publics représentatifs de la grandeur antique de la ville. A ce titre, il est important de souligner que les chapitres et les parties se caractérisent par une stratégie essentiellement descriptive des lieux et non d’une présentation historique, sociale et artistique de Rome. Un tel projet de publication, de la part de l’éditeur, semble donc être la réponse à une commande de la part de la Papauté révélant, une fois de plus, l’intérêt pour l’Antiquité.Nous ne pouvons qu’accueillir favorablement le travail de Gennaro Tallini qui vient proposer une étude de qualité sur un genre méconnu, peu étudié et dont les témoins tendent à demeurer dans l’ombre au sein des études sur la période. Il est vrai que le guide, dans sa facture, représente un genre secondaire face aux œuvres d’auteurs tels que Alberti par exemple et les études dans ce domaine restent bien rares en dehors des recherches réalisées par les historiens de l’art. il s’agit donc de proposer un texte révisé, amendé et stable pour une approche historique qui pourra s’appuyer sur un témoin de qualité. Il faut ici souligner que les recherches historiques s’étaient, jusque-là, basées sur un texte non révisé par un philologue. Certaines erreurs d’appréciations devenaient dès lors inévitables faute d’un travail sur le texte et une confrontation entre les témoins. Il nous faut donc saluer cette initiative de Gennaro Tallini et rendre hommage à la qualité de son travail qui pourra, espérons-le, mettre en place une nouvelle approche des guides publiés au XVIème siècle.

Sylvain TrousselardUniversité de Lyon 2 - Lumière

Lucio Fauno [Giovanni Tarcagnota], Il compendio di Roma antiqua, a cura di Gennaro Tallini, Firenze, Franco Cesati Editore, 2014, 144p.L’edizione critica condotta da Gennaro Tallini si concentra su un tipo di realizzazione molto particolare della produzione italiana del sedicesimo secolo. In effetti, il Compendio costituisce una guida turistica diretta dall’editore Giovanni Tarcagnota sotto lo pseudonimo di Lucio Fauno. È necessario ribadire questo pseudonimo utilizzato dall’autore del volume, Lucio Fauno, che viene adoperato per firmare alcune richieste editoriali, mentre l’autore vero e proprio, Giovanni Tarcagnota, cura altre realizzazioni per conto suo. La guida di quest’ultimo s’inserisce in una chiara prospettiva di commissione, dove esigenze politiche e editoriali si sovrappongono.Questo tipo di pubblicazione rientra pienamente nell’ambito di una precisissima strategia, politica e religiosa, che è quella della venuta dei pellegrini presso la Santa Sede. In effetti, da Sisto IV in poi, i pontefici avevano rapidamente capito che la diffusione di informazioni a proposito della capitale della cristianità poteva sviluppare un turismo attorno agli eventi organizzati dalla Curia, e i Giubilei sono gli esempi più evidenti della strategia religiosa e politica dei papi successivi. Come lo spiega l’autore, l’utilizzo politico dell’antichità conferma una nuova scenografia papale della capitale, il cui culmine rimane il lavoro svolto da Michelangelo. L’autore di questa edizione critica ha messo in valore, in modo ammirevole, gli aspetti storico-religiosi del Papato e degli Stati Pontifici con l’intento di sovrapporre due aspetti della città, e in conseguenza di restituire l’eredità della Roma antica alla strategia papale.L’edizione consta di sette parti, inizia con le abbreviazioni adoperate nel volume che sono seguite da una lunga introduzione, molto precisa e ampiamente illustrata. Viene in seguito il testo vero e proprio, arricchito da numerose note a pie’ di pagina, le quali indicano le varianti delle diverse versioni stampate, gli errori e le modifiche volontarie dell’editore. Il commento al testo riprende le illustrazioni presenti nelle differenti testimonianze per chiarirle, stabilendo un rapporto testo / immagine essenziale alla comprensione della guida. In parallelo a una meticolosa ricerca delle opere studiate per la presente edizione, Tallini s’impegna a fare una critica arricchente delle scelte compiute dall’autore, da una parte per poterne estrarre le mire culturali e politiche, e dall’altra le mancanze, e soprattutto gli errori nelle presentazioni, le spiegazioni e le altre indicazioni proposte ai pellegrini. L’insieme del volume rappresenta quindi una somma non trascurabile ed essenziale alla lettura, l’analisi e la comprensione della guida turistica. Il volume si conclude con un insieme ricchissimo e particolarmente esplicativo di documenti in allegato. In effetti, Tallini ha realizzato un sistema di tabelle nelle quali riprende, in maniera molto pragmatica, le referenze toponimiche per archiviarle e articolarle in parallelo con il testo di Fauno. Seguono infine la bibliografia organizzata in due parti (i fondi documentari e le edizioni e studi) e l’Index nominum. Forse sarebbe stato preferibile una bibliografia più articolata, in modo tale da proporre al lettore non specialista un approccio più preciso di questo genere letterario. Si tratta tuttavia di un dettaglio ben secondario rispetto alla qualità dell’insieme del volume.Il Compendio vero e proprio è costituito da cinque parti che presentano le porte di Roma, le colline e i luoghi pubblici rappresentativi dell’antica grandezza della città. Peraltro, è importante evidenziare che i capitoli e le parti sono caratterizzati da una strategia essenzialmente descrittiva dei luoghi, e non da una presentazione storica, sociale e artistica della città. Una tale proposta di pubblicazione sembra quindi essere la risposta a un ordine da parte del Papato che rivela, ancora una volta, il suo interesse per l’antichità.Non possiamo che accogliere in maniera favorevole il lavoro di Gennaro Talllini, il quale propone uno studio di qualità su un genere sconosciuto, poco studiato e le cui testimonianze tendono a restare ignote nell’ambito degli studi del periodo. È vero che nella sua costruzione la guida rappresenta un genere secondario di fronte alle opere di autori come Alberti, per esempio, e gli studi in questo campo rimangono ben rari all’infuori delle ricerche condotte dagli storici dell’arte. Si tratta dunque di proporre un testo corretto, migliorato e stabile per un approccio storico che potrà basarsi su una testimonianza di qualità. Bisogna sottolineare che le ricerche storiche si erano poggiate fino a quel momento su un testo non corretto da un filologo. Alcuni errori di valutazione diventavano quindi inevitabili in assenza di un lavoro sul testo e un confronto tra le testimonianze. Salutiamo questa iniziativa di Gennaro Tallini e rendiamo omaggio alla qualità del suo lavoro che potrà, lo speriamo, inaugurare un nuovo approccio delle guide pubblicate nel sedicesimo secolo

Traduzione di Francesca Caiazzo    

Lu 2337 fois Dernière modification le mardi, 13 janvier 2015 15:04
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