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lundi, 27 juin 2016 00:00

Ludovic L'Arioste. 'La comédie du coffre' et 'Pris l'un pour l'autre'

Ludovic L'Arioste, La Comédie du Coffre et Pris l'un pour l'autre

Introduction, traduction et notes de Pauline Rougier

Neuville Sur Saône, Chemins de tr@verse, Coll. Chemins it@liques, 2014, 280p.

 

La traduction de Pauline Rougier est une traduction inédite (la dernière traduction datait du xixème siècle) de deux pièces « mineures » de l’Arioste. Elle nous présente les éditions et les codex sur lesquels elle a travaillé ainsi qu’une chronologie des traductions : au xvième, en 1552, celle de Jean Pierre de Mesmes et en 1835 celle de Théodore Muret qui opère un certain nombre d’altérations sur le texte source en ôtant certains passages qu’il juge obscènes.

Dans une longue introduction, elle nous livre les conditions historiques qui ont rendu possible l’apparition de ces comédies : en effet ces comédies sont les premières rédigées en langue vulgaire et en prose, représentées en 1508 et 1509 à l’occasion du carnaval à Ferrare, premières comédies régulières de la Renaissance, qui deviendront ensuite des archétypes, et qui ont une véritable valeur littéraire. Elles ont eu à l’époque un réel succès auprès du public, en tant que comédies érudites, à la différence des comédies populaires. La nouveauté consiste aussi, souligne t-elle, dans la création d’un espace scénique, puisque la représentation de ces comédies a lieu dans le palais du duc d’Este. L’Arioste, nous dit-elle, poète courtisan, a conscience d’être l’inventeur d’un nouveau genre, d’un nouveau classicisme en langue vulgaire. C’est une forme de révolution discrète. Ces comédies d’intrigue sont des premières pièces et la Lena en sera l’aboutissement, ouvrant la voie à Bibbiena et Machiavel. Les apports significatifs de l’auteur à la comédie sont les « giochi », les jeux de mots, de situations, de langage, qui renvoient directement et explicitement à la tradition de Plaute et Térence mais aussi à celle de Boccace et de la poésie burlesque, plus modernes. Pauline Rougier met en valeur le concept de « comique inquiet » qui, dans ces premières comédies, s’incarne à travers la figure de la fortune, la seule à permettre un dénouement heureux, puisque les hommes ne sont plus responsables de leur succès (c’est grâce à l’agnitio que La comédie du coffre se termine bien, et non grâce à l’astuce des valets ou des maîtres).Dans la postface, elle propose également une réflexion sur la langue des deux pièces présentées, une langue comique en vulgaire mais qui demeure avant tout littéraire ; la réflexion sur la traduction est particulièrement importante et notamment celle sur la traduction du dialecte. Elle explique ses choix lexicaux, la traduction des noms propres qui font allusion à la nature ou aux animaux et qui perdraient à ne pas être traduits, les pertes inévitables de la traduction, les petites compensations obligatoires, elle souligne également la traduction des mots clefs pour le choix du lexique comme fabula, storia, servitù (la distinction entre famiglio, servitore et servo est infime), ghiotto (qui peut vouloir dire ‘glouton’ bien sûr mais aussi ‘perfide’ et ‘scélérat’ quand il est employé pour le personnage de Cléandre), le vocabulaire de la justice (lunghe sera donc traduit par ‘atermoiements’, car c’est un terme juridique signifiant « délai accordé à un débiteur pour l’exécution de ses engagements »), un principe de simplification syntaxique qui n’empêche pas de garder certains mots en fin de phrase s’ils sont importants, tout comme une volonté de respecter les attaques, les chutes et les répétitions. La plus grande difficulté semble résider dans la traduction du « gergo furbesco », du jargon comique dans la Comédie du coffre : elle choisit l’emploi du jargon de Villon qui constitue une solution originale pour retranscrire le comique. Pauline Rougier insiste parallèlement sur le problème des homonymes qui provoquent des doubles sens obscènes, comme par exemple « Pris l’un pour l’autre » où l’on trouve immédiatement le sens de la dissimulation mais également le sens sexuel de « prendre », les équivoques créés par les paronymes et les transpositions pour pouvoir traduire les jeux de mots (par exemple le changement de lettre : Cabane pour Catane). La traduction est fluide et moderne, le langage comique heurte parfois le langage littéraire mais il traduit le dialecte. L’intérêt de cette traduction est incontestable du fait de son caractère inédit et de l’insertion dans un contexte littéraire et historique très bien explicité, doublé d’une solide réflexion sur les principes traductif.

Pascaline NicouUniversité Jean Monnet – Saint-Étienne

 

“La comédie du coffre” (La Cassaria) e “Pris l’un pour l’autre” (I Suppositi) dell’Ariosto

La traduzione di Pauline Rougier è una traduzione inedita (l’ultima datava del XIX secolo) di due pezzi “minori” dell’Ariosto. Rougier presenta le edizioni ed i codici sui quali ha lavorato, insieme ad una cronologia delle traduzioni: nel XVI sec., nel 1552, quella di Jean Pierre de Mesmes, e nel 1835 quella di Thédore Muret, che opera un certo numero di alterazioni sul testo originale eliminando alcuni passaggi da lui ritenuti osceni.In una lunga introduzione Rougier parla delle circostanze storiche che hanno reso possibile l’apparizione di queste due commedie: sono in effetti le prime redatte in lingua volgare e in prosa, rappresentate nel 1508 e nel 1509 in occasione del carnevale di Ferrara. Si tratta delle prime commedie regolari del Rinascimento, che diventeranno poi archetipi, e che presentano un grande valore letterario.Ebbero all’epoca un reale successo tra il pubblico, in quanto commedie erudite, in opposizione alle commedie popolari. La novità consiste, sottolinea Rougier, nella creazione di uno spazio scenico, poiché la rappresentazione delle commedie si svolge nel palazzo del Duca d’Este. L’Ariosto, poeta cortigiano, sa di essere l’inventore di un genere nuovo, di un nuovo classicismo in lingua volgare. È una forma di rivoluzione discreta. Queste commedie d’intreccio sono opere iniziali di cui la Lena sarà la conclusione, aprendo la strada al Bibbiena e a Machiavelli. Gli apporti più significativi dell’autore alla commedia sono i “giochi”, giochi di parole, di situazioni, di linguaggio, che rimandano direttamente ed esplicitamente alla tradizione di Plauto e Terenzio, ma anche a quella del Boccaccio e della poesia burlesca, più moderna.Pauline Rougier evidenzia il concetto di “comico irrequieto” che, in queste prime commedie, prende forma attraverso la figura della fortuna, sola a permettere un lieto fine, poiché gli uomini non sono più responsabili del proprio successo (la Cassaria termina bene proprio per merito dell’agnitio, e non grazie all’astuzia di valletti o maestri).Nella postfazione propone anche una riflessione sulla lingua dei due pezzi presentati, una lingua comica in volgare ma che resta prima di tutto letteraria. La riflessione sulla traduzione è particolarmente importante, soprattutto per quanto riguarda la traduzione del dialetto.Rougier spiega le sue scelte lessicali, la traduzione dei nomi propri che si riferiscono alla natura o agli animali e che subirebbero perdite se non tradotti, le perdite inevitabili della traduzione, le piccole compensazioni obbligatorie. Sottolinea anche la traduzione delle parole chiave per la scelta del lessico, come fabula, storia, servitù (la differenza tra famiglio, servitore e servo è sottilissima), ghiotto (che può ovviamente voler dire “goloso”, ma anche “perfido” e “scellerato” quando impiegato per il personaggio di Cleandro), il vocabolario della giustizia (lunghe sarà quindi tradotto con “atermoiements”, poiché il termine giuridico significa “tempo accordato ad un debitore per risolvere le sue inadempienze”), un principio di semplificazione sintattica che non impedisce di mantenere a fine frase alcune parole, se importanti, così come una volontà di rispettare gli attacchi, le cadute e le ripetizioni.La difficoltà maggiore sembra risiedere nella traduzione del “gergo furbesco”, gergo comico nella Cassaria: Rougier sceglie di usare il gergo di Villon, che costituisce una soluzione originale per ritrascrivere il comico. Insiste parallelamente sul problema degli omonimi che provocano doppi sensi osceni, come ad esempio Pris l’un pour l’autre (letteralmente “Presi l’uno per l’altro”), dove troviamo immediatamente il senso di dissimulazione ma anche il senso sessuale di “prendre” (“prendere”), gli equivoci creati attraverso i paronimi e le trasposizioni per tradurre i giochi di parole (per esempio il cambiamento di lettera: Cabane per Catane).La traduzione è fluida e moderna, il linguaggio comico si scontra a volte con il linguaggio letterario ma traduce il dialetto. L’interesse di questa traduzione è incontestabile, in particolare per il suo carattere inedito e per l’inserimento in un contesto letterario e storico molto ben spiegato, accompagnato da una solida riflessione sui principi traduttivi.

Traduzione diAlessandra Cerioli

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