Hommage à Paul Larivaille (par M.-F. Piéjus)
Né en 1932 dans un village de la Creuse, Paul Larivaille a fait ses études à l’Université de Clermont-Ferrand et a été reçu 1er à l’agrégation d’italien en 1955. Il a obtenu un doctorat d’état en 1971, avec une thèse intitulée L’Arétin entre Renaissance et Maniérisme. Sa carrière d’enseignant s’est déroulée d’abord en lycée, puis à Nanterre où il a été nommé assistant en 1966 et professeur en 1975. Très vite il y est devenu responsable de la section d’italien, puis directeur de l’U.F.R. de Langues Romanes. Élu vice-président chargé de la recherche de 1977 à 1981, il a été président de l’Université Paris X-Nanterre de 1988 à 1993. Généreux de son temps, Paul Larivaille a également assuré de nombreuses activités annexes, dont la présidence de la Société des Italianistes de l’Enseignement Supérieur et celle du jury du CAPES. Il a aussi fait partie des commissions italiennes pour les éditions nationales de l’Arétin et de Machiavel.
Paul Larivaille a contribué en 1969 à la fondation du Centre Interuniversitaire de Recherche sur la Renaissance Italienne à Paris 3. Il en a été le coordinateur à plusieurs reprises et, dans les volumes édités par ce Centre, ses articles témoignaient de sa rigoureuse méthode historique. À Nanterre il a créé le Centre de Recherche en Langue et Littérature Italienne qui, dans une chronologie large, se montrait soucieux de critique formaliste et sémiologique des textes. L’union de ces deux orientations a été qualifiée par lui-même de « critique littéraire entre analyse textuelle et histoire ». Ses recherches sur l’Arétin n’ont pas cessé après son doctorat, il en a publié des inédits et des traductions. Mais il s’est aussi intéressé à d’autres domaines, Machiavel et ses Discours, Le Tasse, le roman chevaleresque, le théâtre, la structure narrative du conte merveilleux. Ces études se sont concrétisées par des publications largement appréciées, en France comme en Italie où sa thèse a été éditée en 1980, son étude sur la Jérusalem délivrée en 1987, puis une nouvelle étude sur l’Arétin en 1997.
Une fois en retraite ce grand travailleur a réalisé de nombreuses traductions pour les éditions des Belles Lettres, l’Arétin bien sûr, et Machiavel parmi plusieurs autres auteurs.
Mais, fils d’agriculteur, Paul s’amusait à rappeler que ce dont il était le plus fier remontait à sa jeunesse : avoir réussi, avec une charrue tirée par un bœuf, à tracer un sillon bien droit…
Marie-Françoise Piéjus
Enseignante à Nanterre de 1974 à 1989, et de 1996 à 1998